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Améliorez votre répartie grâce à ces techniques simples mais redoutables

Améliorez votre répartie grâce à ces techniques simples mais redoutables

La répartie est je pense une chose bien utile dans la vie de tous les jours, surtout pour un Mentaliste. Connaissez-vous l’esprit de l’escalier ?

Diderot dans son « Paradoxe sur le Comédien » disait que « l’inspiration venait en descendant l’escalier de la tribune ». « L’esprit de l’escalier » désigne en fait notre inspiration sur ce que l’on aurait pu répondre à nos interlocuteurs… après la discussion.

Pour éviter de tomber dans l’esprit de l’escalier, j’ai décidé de faire un carnet sur la répartie. Ce carnet regroupe des techniques, suivies de conseils et d’exercices que j’ai pu trouver, que ce soit en me renseignant, ou en fouillant dans les recoins de ma mémoire.

Il est à noter avant de commencer que le manque de répartie est souvent dû à deux choses : les émotions qui nous prennent lors d’une réplique déstabilisante, et le manque d’habitude à savoir quoi répliquer.

En effet, la répartie n’est point un don, elle s’apprend, puis devient une habitude naturelle. Tout comme gérer ses émotions au moment des faits ! Je vais essayer ici de vous donner quelques armes pour booster autant que possible votre sens de la répartie.

 

18 techniques pour développer sa répartie

 

Une veille voiture

 

• Penser et collectionner ses répliques à l’avance, les préparer, voir même les noter.

Certes, elles ne sont pas toujours les meilleures, mais sont au moins préparées et instantanées, et comme l’on dit, peu vaut mieux que rien. Pour cela, vous pouvez par exemple aller voir des citations, ou vous imaginer mentalement dans une situation pénible à laquelle nous ne sauriez quoi répondre, puis réfléchir et envisager toutes les possibilités de meilleures réponses.

 

• Les citations et vérités reconnues.

Elles ont pour avantage de s’exonérer d’une longue démonstration, tout en donnant une impression d’autorité.

 

Technique du miroir.

Cette technique consiste non pas à se justifier, ou tenter une réplique, mais à faire de sorte que notre interlocuteur se remette en question sur sa façon d’être, d’où le miroir (il voit son reflet dans notre réponse)… Un schéma grossier, par exemple serait : « En imaginant que tu sois à ma place, que ferais-tu ? ». Pour cette technique, le cold-reading et la connaissance de notre interlocuteur pourront être une aide précieuse.

 

• Quelques mots seulement…

Souvent ironiques : « bravo ! », « impressionnant », « wow ». À utiliser avec le langage du corps pour montrer que la remarque ne nous a point atteint (lever le pouce, haussement de sourcils, l’air faussement impressionné…).

 

• Profiter des expressions !

Jouer avec les différents sens des mots est selon moi une des bases pour la construction d’une bonne répartie. Être attaché à quelque chose, peut signifier : avoir un intérêt tout particulier et un certain amour pour quelque chose… Ou être ficelé à quelque chose !

Voici un autre exemple : « Tu me cherches, hein ?! »… « Non, reste donc caché pour le bien de mes yeux ».

 

• Le tac au tac

Prenons exemple sur Churchill, et sa fameuse répartie qui consistait à récupérer les éléments de la réplique pour contre-attaquer.

Voici un exemple très célèbre : Lady Astor à Churchill : «Si j’étais mariée avec vous, je vous donnerais du poison», ce à quoi il répliqua: «Et si j’étais marié avec vous, Nancy, je le boirais sans hésiter».
Je vous donne un exemple que je considère comme faisant plus ou moins parti de cette catégorie, et que je vis un peu trop quotidiennement à mon gout. Ayant une tenue vestimentaire purement gothique, je subis pas mal de remarques désagréables : « Dracula ! Booo j’ai peur ! Ne me mords pas », devient « je ne prendrai pas le risque de m’empoisonner ».

 

• Le silence

Pour deux bonnes raisons. Répliquer n’est pas toujours une bonne idée (ou chose possible). Face à l’énervement, par exemple, cela ne fera bien souvent qu’empirer les choses. Mais également, parce que le simple silence peut constituer à lui seul une « répartie » redoutable de mépris. Pas de réponse de l’attaqué, et l’attaquant pourra donc commencer à partir dans des justifications et autres répliques, et son attaque tombera bien souvent à l’eau.

L’énervement, parlons-en …

Une technique intéressante face à cela, consiste à utiliser le langage du corps et la synchronisation pour les cas très délicats. L’autre s’échauffe, vous vous échauffez, les voix s’élèvent, il croise les bras et pince les lèvres, vous pincez les lèvres, puis croisez les bras, puis vous commencez progressivement à adopter une attitude plus calme : voix plus douce, gestes plus détendus, etc… L’autre pourra se synchroniser avec vous.

 

• L’humour et l’ironie

Excellent moyen de montrer que la réplique ne nous atteint pas ! Un compliment ironique dégagera par exemple une forte image d’assurance et de confiance. Très déstabilisant pour l’autre.

 

• Faire rire

Je suis une adepte de cette technique totalement sadique ! Pas toujours évidente à mettre en place, car il vous faut idéalement connaître votre interlocuteur suffisamment bien pour savoir s’il a le rire facile ou non, et bien sûr ne l’employer que dans des situations sans trop de gravité. Sans oublier qu’il faut être sûr de son coup, et avoir un sens de l’humour adaptable aux différentes situations.

 

• S’en sortir avec des explications matures

Ayant une véritable aversion des malentendus, j’ai très longtemps appliqué (ou tenté d’appliquer) cette méthode. Ma théorie personnelle est qu’une personne capable de régler le différent avec des explications sincères et justifiées, ne fait que rarement partie de celles qui lancent des répliques méchantes et manquant de justifications.

Par contre avec ces derniers individus, régler le problème sans avoir recours à une vraie et bonne répartie n’est que rarement possible. Ils seront bien souvent de mauvaise foi, et le resteront pour défendre des arguments le plus souvent fallacieux.

L’avantage que je tire de cette méthode, est de pouvoir rebondir plus tard en démontrant que j’avais cherché des explications de fonds, lorsque l’autre s’obstinait dans son blocus. Cela a pour avantage de donner aux observateurs de la discussion, une image assez négative de la personnalité de mon adversaire, et ainsi de le mettre en mauvaise situation.

 

• Demander des justifications à la « méchante » réplique.

Toujours demander le pourquoi du comment à une attaque gratuite, car derrière celle-ci se cache bien souvent du vide de logique et d’argument. Vide que l’on cherchera à démontrer avec cette simple question : Pourquoi ?

 

• L’erreur de compréhension

Celle-ci est principalement destinée à déstabiliser votre adversaire (bien que d’après moi, cela ne suffira pas à le dissuader totalement), et à gagner du temps qui vous servira pour réfléchir votre réponse. Il s’agit de répéter la réplique, en y insérant une erreur volontaire dans la formulation, comme si l’on avait mal entendu.

 

• C’est justement parce que …

Cette remarque doit être en lien avec les prestations et les compétences de l’autre. Par exemple : « C’est justement à cause de la réputation de votre manque de politesse, que je pensais que l’absence d’un « bonjour » vous satisferait ».

 

• Vous avez raison

Bien sûr, il s’agit d’ironie, mais cette petite phrase est bien pratique lorsque l’humeur à débattre n’est pas là, et que l’on préfère botter en touche …

 

• C’est votre avis

Cette simple réponse est souvent utile pour éviter la justification, ou encore ne pas s’étendre dans un débat qui dévie en permanence.

 

• Utiliser des mots et tournures compliqués.

L’autre parfois n’en connaîtra pas le sens, et ne vous en demandera bien sûr jamais la signification, ce qui à pour avantage souvent de déstabiliser ou mettre mal à l’aise. Il pourra même parfois confirmer une parole ironique de votre part sans le savoir (petite satisfaction personnelle).

 

• Utiliser des comparaisons

Un exemple :  « Cette idée me semble aussi utile qu’un radiateur dans un désert ». A utiliser sans modération avec des petites pointes d’ironies.

 

• Questionnement et neutralité.

Poser des questions sur le point de vue de l’autre, afin d’être sûr de son opinion, le tout en gardant une attitude assez neutre. Cette stratégie l’incitera à se livrer avec plus de confiance, et si l’autre exprime un avis qui vous déplaît, posez des questions en plus de confirmer votre compréhension, vous donnera du temps pour réfléchir à ce que vous lui répondrez.

 

Conseils

 

Des traces de pas avec indications

 

• Il est très important d’avoir un maximum d’informations sur la situation. Il faut que vous compreniez votre adversaire, que vous fassiez preuve d’empathie, que vous saisissiez son point de vue, afin d’avoir tout de votre côté pour pouvoir ensuite viser au plus juste.

 

• Faites des phrases courtes, mais efficace. L’acide est plus efficace pur que dilué dans de l’eau. Prenons l’eau comme les éléments inutiles d’une phrase, et l’acide comme ceux marquant un point. Des phrases courtes donnent également l’image d’une personne sûre d’elle et de sa pensée. De plus, elles ne laissent que peu de temps à votre interlocuteur pour réfléchir à ce qu’il répondra.

 

• Démontrer de la confiance en soi. Sentez-vous sûr et ferme, positionnez-vous comme étant le maître de la situation.

Pour cela, gardez votre calme, respirez, restez droit, méprisez la peur de ne savoir quoi dire. Cette personne n’a en aucun cas le droit de critiquer votre personne ainsi.

 

• Écoutez, soyez bien attentif à ce que dit l’autre. Pour mieux comprendre, mais aussi parce que votre attention sera focalisée sur ce que dit l’autre, plus que sur vos propres émotions.

 

• Penser à utiliser efficacement le langage du corps, vous pourrez ainsi au besoin suggérer à votre interlocuteur, votre confiance, ennui, calme, etc.

 

• Garder son calme, car rien de percutant ne peut sortir lorsque l’on fait preuve d’énervement, ou de toute autre émotion trop envahissante. Les émotions sans contrôle nous bloquent, et donnent bien souvent satisfaction à l’autre.

 

• Pas de précipitation ! La précipitation est l’ennemi de la bonne répartie. Dans le but de gagner du temps pour votre réflexion, sans laisser place à un blanc trop important, vous pouvez répéter les dires déplaisants (ce qui en plus vous aidera à bien assimiler la réplique et montrer que vous n’êtes pas intimidé), ou encore utiliser la technique de l’erreur de compréhension.

 

• Rester poli. Toujours. Imaginez … Quelqu’un vous insulte … Il s’est préparé à la situation suivante : « il va répliquer », ou même, parfois : « il dira cela et je lui répondrai ceci ». Il est dans un état de défense. Mais que prévoir à une réplique polie, sans attaque ? L’autre dans ce cas peut s’entêter à rester dans son humeur, ce qui rend son attitude ridicule et pourra vous permettre de contre-attaquer avec l’ironie.

 

• Vous avez le droit de garder le silence. Cette célèbre réplique que l’on rencontre si souvent dans les livres, films, séries où la police agit … « Gardez le silence car tout ce que vous direz pourra être retenu contre vous ». Ce que je vous conseille ici, est plus précisément d’être attentif à ne RIEN donner à votre adversaire qu’il pourra récupérer contre vous.

 

• Gardez bien en tête TOUT ce qui est de votre côté ! Vous avez de bonnes raisons d’avoir une autre opinion, et donc des arguments … Ne soyez pas de mauvaise foi, mais ne les oubliez pas pour autant !

 

Boostez encore d’avantage votre répartie : exercices

 

Une piste d'athlétisme

 

• Entraînez vous à improviser, pour toujours savoir quoi répondre ! Comme en vous mettant à la place des invités dans des émissions de radio ou de télévision par exemple, et en répondant par vous même aux questions.

 

• Se mettre dans différentes situations et s’entraîner à improviser vos réponses.

 

• Les films et séries ! Soyez attentif à ce personnage qui développe notre intérêt, notre curiosité, voire notre respect. Repérez le genre de répliques que l’on peut entendre de sa part. Malgré la mise en scène, et j’en passe, c’est toujours intéressant à prendre en compte.

 

• Une des choses qui rend sa répartie dure à développer est le besoin d’instantanéité. Exercez vous à discuter avec des gens démontrant assurément une bonne répartie, vous pourrez ainsi apprendre d’eux, leurs techniques, répliques toutes faites, etc.

 

• Observez les autres. Regardez et retenez tout ce qui démontre une grande efficacité dans leurs réponses.

 

• Créez des petits débats avec vos amis.

 

 

Vous trouverez ci-dessous les différentes sources d’inspirations qui m’ont aidée à constituer ce carnet et à améliorer ma propre répartie. Évidemment, d’autres conseils et exercices seront les bienvenus ! Au plaisir de les lire en commentaires.

À bientôt.

Myst.

À propos Myst

2 commentaires

  1. Merci :)

    Ahah j’ai souffert pendant mes années lycée de mon manque de répartie, j’ai fait un gros travail sur moi même depuis ces quelques années et aujourd’hui je me rend compte que je fais naturellement la plupart des conseils que tu donnes ici !

    Pour moi c’est juste une question de dosage entre anticipation et spontanéité. En tout cas j’ai appris des trucs..

    Ps Une série à regarder : Suits, ça se passe dans un bureau d’avocats et la répartie des personnages principaux est simplement terrible.

    Bye bye je m’en vais créer des petits débats avec mes amis :p

  2. Hello ! Bravo excellent article un des meilleurs que j’ai jamais lu très bien détaillé et expliqué avec tes sources. Vivement ton prochain article…

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