En ce moment
Être de bonne humeur n’est pas toujours une bonne chose, voilà pourquoi

Être de bonne humeur n’est pas toujours une bonne chose, voilà pourquoi

Nous pensons tous qu’il est important d’être de bonne humeur. Pourtant d’une certaine manière, cela nous est néfaste bien que nous puissions trouver ça agréable.
Pour mieux comprendre comment utiliser nos humeurs, je vous propose un petit flash-back sur les émotions, définir ce qu’est une humeur puis d’apprendre comment s’en servir.

Un chat de mauvaise humeur

Rappel sur les émotions

L’émotion (du latin motio « action de mouvoir, mouvement ») est une expérience psycho-physiologique complexe de l’état d’esprit d’un individu lorsqu’il réagit aux influences biochimiques (internes, ce qui se passe dans notre cerveau) et environnementales (externes, les causes de l’émotion).

Chez les humains, l’émotion inclut fondamentalement un comportement physiologique, des comportements expressifs et une conscience. L’émotion est associée à l’humeur, au tempérament, à la personnalité et à la disposition et à la motivation.

Il faut distinguer, entre l’émotion et les résultats d’émotions, principalement les expressions et les comportements émotionnels. Les individus agissent souvent d’une manière déterminée par leur état émotionnel.  En clair : certaines émotions vont vous inciter à courir (la peur), à pleurer (la tristesse), à crier (la colère)…

Un citron seul, comme sous l'emprise d'une humeur.

Quelle différence entre une humeur et une émotion ?

Essayez de devenir vous-même la différence avant de lire la suite, c’est un exercice sympa.

Selon Paul Ekman :

Une expérience émotionnelle peut faire naître une humeur. L’expérience émotionnelle doit être très intense et très dense, c’est à dire que l’on doit ressentir encore et encore une émotion en un court laps de temps. Quand cela nous arrive, nous passons un seuil, nous sommes maintenant dans une humeur.

Si l’on devait nous rendre très, très heureux encore et encore, nous serions d’humeur euphorique pendant des heures. Si en un court laps de temps on vous fait très peur encore et encore et encore, nous serions d’une humeur très inquiète et craintive.

Je pense que l’humeur est un raccourci adaptatif mis en place par notre esprit afin de devenir plus réactif face aux influences les plus fréquentes de notre environnement immédiat. Si les émotions ne pouvaient se transformer en humeur, c’est à dire si chaque émotion ne restait en nous que quelques secondes à chaque stimuli, il serait très difficile de gérer une situation heureuse ou inquiétante sans devenir fou.

Les émotions et les humeurs génèrent des filtres cognitifs

En ce sens, nos humeurs nous sont utiles. Mais Paul Ekman pense également « que les émotions filtrent les connaissances qui sont à notre disposition ». Quand nous sommes sous le coup d’une émotion, Paul Ekman a suggéré que nous étions dans une période « réfractaire », pendant laquelle nous ne pouvons nous souvenir que des informations qui cadrent avec cette émotion.

Si la période réfractaire provoquée par une émotion est souvent très courte, l’humeur en revanche peut entretenir la période réfractaire pendant des heures, parfois même pendant toute la journée.

Exemple concret : si vous avez eu un problème de voiture en rentrant sur le parking de votre hôtel en vacances, vous risquez de voir tout l’hôtel comme un lieu désagréable tant que vous serez dans l’humeur « colérique ».

La colère agit bien comme un « filtre cognitif ». Comme si vous portiez tout à coup des lunettes avec un filtre spécial qui vous ferait tout voir avec un arrière-goût de colère.

Un accident de voiture rend de mauvaise humeur.

Paul Ekman précise, et c’est important, que lorsque nous sommes de bonne humeur, nous ne sommes pas sensibles à des problèmes potentiels ; nous sommes dans un état illusoire. Cela nous plait mais ne nous est pas forcément utile.

Maîtrisez vos émotions et repérez vos humeurs

Nous comprenons désormais l’utilité de maîtriser nos émotions, de repérer nos humeurs et d’apprendre à les dissiper.

Non seulement le filtre cognitif bridera la connaissance dont nous disposons, mais je suis également persuadé que notre empathie ne peut s’exprimer librement tant que nous sommes sous le coup d’une émotion. La méditation ou l’auto-hypnose semblent être des solutions rapides et efficaces.

Comment appliquer un filtre cognitif sur quelqu’un

Si maîtriser nos émotions et nos humeurs nous libère du filtre cognitif émotionnel, appliquer ce même filtre à quelqu’un réduit ses capacités d’analyse et précise ses réactions potentielles. Et si cela peut paraître complexe, le plus compliqué reste à générer l’émotion souhaitée chez notre sujet avec assez de subtilité pour ne pas perdre notre influence et générer les soupçons.

Il s’agit d’une technique de manipulation puissante : en influençant l’humeur de notre interlocuteur, on peut lui forcer un filtre cognitif qui le rendra moins attentif, moins patient, moins réfléchi…

Voici une liste d’états et d’émotions à connaître

La peur rend craintif, enclin à la fuite et peu enclin à la confrontation.

La joie rend euphorique et indispose nos aptitudes à reconnaître le danger. Elle rend également moins enclin à la confrontation et tend à rendre plus enclin au pardon.

La tristesse rend mélancolique ou parfois nostalgique. Elle rend moins enclin à la confrontation et développe une propension à l’inaction et l’abandon.

La colère rend excessivement enclin à la confrontation, peut produire un sentiment de surpuissance prompte à nous faire surestimer nos capacités et nous rend moins, beaucoup moins enclin au pardon et à toute forme de négociation. Sous l’effet de la colère, nos opinions sont gelées.

La surprise entraîne un état de crédulité. Elle réduit notre esprit critique.

Le dégoût est assez particulier. Il réduit nos envies et nous prédispose au refus et à la fuite. Je pense que le dégoût peut rejoindre la peur.

Cette liste de correspondances n’est pas exhaustive mais peut vous donner une idée rapide de ce que vous devez faire pour obtenir un état d’esprit particulier chez quelqu’un. Cet article peut sembler théorique mais son application n’est pas complexe. Il est tiré des travaux de Paul Ekman : « La voie des émotions » et de mes théories personnelles.

J’espère néanmoins qu’il vous a plu et qu’il vous aura inspiré. N’hésitez pas à déposer un commentaire pour laisser votre avis ou une question !

À propos Gwen

Gwen est sur le forum des Mentalistes depuis les premières heures, c'est un pillier de la communauté. Passionné en particulier par la philosophie, la psychologie et la négociation, c'est un mentaliste touche-à-tout.

12 commentaires

  1. Super article, bravo !!

  2. Bonjour

    Tout d’abord, félicitation pour cet article. Cela m’a permit de comprendre ce mécanisme de filtre cognitif.
    A mon sens, nous sommes là dans la continuité de la notion d’empathie. Via l’effet miroir, on peut instituer un état d’esprit et donc appliquer le filtre cognitif souhaité. Ton dernier chapitre est des plus instructif et « utile ».

    Merci

  3. Félix

    Salut Gwen,

    Cet article est magnifique. C’est le genre de concept qu’on ressent facilement mais qu’on est incapable de formaliser dans beaucoup de cas. Le fait de le lire et de savoir que d’autres l’ont formalisé offre à notre ressenti un élan de pertinence.

    Tout comme Ludovic, j’aime beaucoup ton dernier chapitre.

  4. William

    Bien joué l’article Gwen ! Hyper intéressant !

  5. C’est un superbe article, bravo ! Il ouvre à de nouvelles perspectives auxquelles peu de monde aurais pensé.

  6. Merci pour vos merci !
    Content que cet article vous plaise.

  7. Malo

    Salut Gwen,

    Super article, Super intéressant!! Super Gwen quoi!

  8. Merci à Jean-Philippe également.

  9. BONSOIR, TU FORMIDABLE CE QUE TU FAIT NOUS RENDRE COMPTE

  10. Coucou Gwen!

    J’adore ton article, il parle de choses si banales qu’on les oublies.
    J’ai bien pris en notes ton dernier article, histoire d’avoir cette petite liste tout le temps sur moi :).
    Bref, il est super.

    Merci pour cet article!

  11. Hello,

    L’article est très bien, là dessus il n’y a rien à dire.
    En revanche, je ne vois pas en quoi le fait d’être de bonne humeur nous empêche d’avoir les yeux ouverts et d’être attentifs à ce qui nous entoure. Quelle est l’utilité d’être sensible à un problème plutôt que d’être sensible à la solution ?
    Considérer un problème comme un problème empêche de voir les solutions justement.
    J’ai fait la démarche d’être de bonne humeur depuis deux ans, et ça m’a permis de changer ma perception que j’ai de la vie, et justement des problèmes dans lesquels la plupart des gens s’enferment en se noyant parfois dans un verre d’eau.
    Être de bonne humeur c’est se focaliser sur le positif sans rester fixer sur les problèmes. Faut parfois changer son cadre de pensée et penser différemment que ce que les soit-disant experts affirment.
    Au plaisir,

    Jordane

  12. bel article!!
    je me disais que maîtriser ses émotions devant chaque situation était très bénéfique mais là tu nous offre un cours magistral sur la question.
    cool

Poster une réponse

Votre adresse email ne sera jamais publiée. Les champs obligatoires sont indiqués *

*

two × two =

Remonter