En ce moment
Vos choix sont tous prédictibles et je peux les influencer : voici pourquoi

Vos choix sont tous prédictibles et je peux les influencer : voici pourquoi

Tout comme les aiguilles d’une boussole qui nous indique le chemin, chaque être humain possède des pôles qui le guident. Mais rassurez-vous, bien loin des concepts ésotériques de magnétisme, je vais utiliser mon expérience personnelle basée sur des principes de psychologie et vous apprendre une manière fondamentale de prédire et manipuler les choix.

Plaisir et déplaisir : les pôles humains

L’être humain est fondamentalement régi par de traits opposés qui définissent toutes les actions qu’il doit entreprendre. Ainsi lorsque l’on entreprend une action, notre choix ne se base pas sur les causes, conséquences ou les motivations quel qu’elles soient mais selon ces deux critères : le plaisir et le déplaisir.

Réaliser une action procurera à l’individu simultanément l’un et l’autre dans une intensité qui dépend des différentes motivations (causes, conséquences, bénéfices, perte, sanction ou récompense, etc).

C’est un peu le principe du bâton ou de la carotte.

Cette idée vous intéresse doublement car, non seulement vous y trouverez une voie directe pour manipuler mais parce que cette voie est complètement ignorée du grand publique. Examinez vos interlocuteurs, discernez comment fonctionnent leur « pôles » et vous les emmènerez où bon vous semble.

Profile comportemental et manipulation : L’échiquier humain

Comme aux échecs, il y a les règles générales, les règles régissant chaque pièce et les différents coups réalisables.

Si le sujet observé peut être assimilé à une pièce, il convient d’en comprendre :

  • les règles, comment il se « déplace », c’est-à-dire comment résout-il les déplaisirs. A-t-il tendance à ignorer, résoudre, prendre, rationaliser…
  • les coups possibles selon la situation, ses besoins et les objets des besoins qui lui procurent du déplaisir ou du plaisir.
  • Comment provoquer les situations qui font en sorte que les actions qui procureraient le plaisir du sujet nous soient favorables. Et faire en sorte que celle que l’on souhaite éviter lui procure du déplaisir.

Le principe est simple mais son application vous demandera de la vivacité d’esprit et de bonnes compétences en profilage comportemental et en manipulation sociale. Il s’agira de comprendre comment une personne gère habituellement ses besoins et provoquer les situations ou les choix que l’on souhaite qu’elle fasse lui procureront le plus de plaisir et le moins de déplaisir.
Par la suite, vous manipulerez un groupe exactement comme un joueur d’échec plaçant ses pièces afin de provoquer les réactions de son choix chez son adversaire.

Le principe à la loupe

Le principe du plaisir-déplaisir est une notion psychologique vaste et complexe. Toutefois, nous pouvons globalement l’expliquer ainsi.

L’esprit à tendance à :
– Rechercher le plaisir,
– Éviter le déplaisir tant que possible,
Quand il ne pourra éviter le déplaisir, il cherchera à l’éliminer ou l’évacuer.

Chez une personne normale, le déplaisir se manifeste lors de l’apparition d’un besoin non-assouvi. L’esprit doit réaliser l’objet de son besoin afin d’éviter le déplaisir ou à défaut, l’évacuer ou l’éliminer.

Le plaisir apparait le plus souvent dans l’évitement du déplaisir.

Par exemple :

  • la faim est le besoin de manger de la nourriture (l’objet) ; manger procurera le plaisir d’éviter le déplaisir de la faim.
  • La dissonance cognitive est l’existence d’un déplaisir que l’esprit cherche à éviter
  • L’effet de gel permet à l’esprit d’éviter un déplaisir en occultant les erreurs d’un choix
  • La loi de moindre résistance explique comment la dépense d’énergie pour réaliser un besoin provoque du déplaisir. Si ce déplaisir supplante le plaisir de la réalisation, le choix ira au moins coûteux.

 

Quelques règles pratiques

Vous avez bien compris comment fonctionnent les pôles humains, voici quelques principes simples d’utilisation.

  • Le déplaisir ne sert pas à faire réaliser une action. Il permettra d’éviter qu’une action ne soit réalisée.
  • Le plaisir servira à contrebalancer le déplaisir qui empêche la réalisation d’une action.
  • Proposez des solutions pour éliminer, éviter ou évacuer le déplaisir et vous obtiendrez plus facilement la réalisation des objets de ce déplaisir.

 

Terminons avec des exemples et cas particuliers

Comment faire manger des légumes à vos enfants ?

Vous redoutez le moment ou vous servirez des légumes à votre enfant, d’habitude il les boude, ne les aime pas et préfère les desserts.
Il n’obtient aucun plaisir à manger ces légumes, mais le déplaisir associé au goût. Tout l’intérêt est donc d’associer un plaisir grandissant et un déplaisir minimum.
Servez donc une assiette normale en l’écoutant protester. Proposez-lui alors une alternative attrayante : « je t’en retire la moitié et si tu manges ce qu’il reste, je te propose une sortie à la piscine cet après-midi ».
Ici, vous aurez minimisé le déplaisir tout en promettant un plus grand plaisir si votre enfant adore la piscine. Ce qui augmentera les chances de passer un bon repas.
L’erreur est d’associer l’objet (les légumes) à un plus grand déplaisir en expliquant par exemple : « si tu ne manges pas ton assiette, tu ne sortiras pas cet après-midi ».

 

Comment améliorer l’efficacité d’un groupe de travail ?

Vous souhaitez améliorez l’efficacité au travail de votre équipe (ou de vous-même).
L’erreur consisterait à promettre de lourdes sanctions si les objectifs ne sont pas atteints. Vous ancreriez un grand déplaisir à l’objet (le travail).
Alors que proposer des primes de participation et améliorer les conditions de travail vont au contraire associer l’objet à un plaisir plus grand que le déplaisir générer par sa réalisation.
Même un travail pénible auquel est promise une récompense futile peut bénéficier de cet effet.

 

Comment réalise-t-on une action qui nous est pourtant très défavorable ?

Lorsque l’on parle de la dissonance cognitive, nous prenons facilement comme exemple : les fumeurs.
Ils justifient souvent leur addiction par le fait qu’il faut bien mourir de quelque chose.
« Le tabac tue ? Oui d’accord, mais je vais bien mourir un jour de toutes façons ».
Par ce biais, le fumeur évite le déplaisir généré par la dissonance entre ses actes (je fume) et ses pensées (je sais que fumer tue). Il pourra ainsi fumer tout en voilant le déplaisir lié.

 

Une étude fréquemment utilisée en manipulation explique comment demander à deux groupe d’effectuer un travail ennuyeux et rébarbatif.

Le premier groupe payé 20€ de l’heure dénigrait le travail alors que le second, payé 2€ de l’heure, le sublimait.
L’idée relève du paradoxe et pourtant, avec un œil averti, la réaction s’explique facilement. Contraint de réaliser la tâche, le second groupe à évacuer le déplaisir en réduisant la dissonance présente.

En guise de cas particulier, la perversion :

Elle s’avère simple une fois que vous avez compris le fonctionnement du plaisir et du déplaisir.
Le pervers, loin du personnage aux idées lubriques, tire son plaisir par des voies inhabituelles et ne l’obtiendra pas là où il le devrait.

Habituellement, le plaisir provient de fait bénéfique : prendre son enfant dans ses bras, aider un ami à se sortir d’une situation difficile…  Autant de situations finalement bénéfiques qui procureront du plaisir chez vous, n’en procureront pas chez une personne atteinte de construction perverse.
En revanche, voir un enfant pleurer ou un ami souffrir de sa situation,  là où votre compassion vous procurera du déplaisir, une personne de construction perverse en tirera du plaisir.
Repérer ce cas particulier est important autant pour vous protéger d’eux que pour prévoir leurs actions et les manipuler.

Que dire de plus ?

Plus grand-chose je pense.
Je ne peux vous proposer un article pour vous détailler tous ces exemples pourtant intéressant, cela ressemblerait plus d’un livre de 300 page de psychologie.
Mais je vous encourage à sortir et apprendre sur le terrain comment reconnaître les besoins de votre entourage et comment procurer plaisir ou déplaisir à bon escient. Apprendre quand l’un ou l’autre sera utile ou contreproductif.

Une fois tout ceci maîtrisé, vous détiendrez un outil de manipulation et de prédiction très efficace.
Alors au travail et à bientôt.

À propos Gwen

Gwen est sur le forum des Mentalistes depuis les premières heures, c'est un pillier de la communauté. Passionné en particulier par la philosophie, la psychologie et la négociation, c'est un mentaliste touche-à-tout.

2 commentaires

  1. Bonjour, merci pour ce très bon article.

    C’est typiquement le genre de choses que l’on est sujet à apprendre dans des cours de négociations dans la vente ou le commerce, à la différence près qu’en cours j’ai l’impression de ne rien comprendre. J’ai beaucoup aimé votre manière de synthétiser l’information, en espérant par le futur d’autres thématiques abordant un sujet similaire.
    Et btw je tiens à préciser que pour le coup, des épinards quand il y a une glace derrière ça marche à merveille !

  2. Merci pour ton commentaire Liber.

    On rappelle souvent en communication que ce qui se conçoit bien énonce clairement.
    Les cours universitaires manquent souvent d’empathie. Ils sont composés pour expliquer un thème et non pour s’assurer qu’il soit compris.

    C’est dommage.

Poster une réponse

Votre adresse email ne sera jamais publiée. Les champs obligatoires sont indiqués *

*

eleven + seventeen =

Remonter